La moitié de ce que nous croyons savoir est probablement faux

Le rythme rapide des nouvelles découvertes scientifiques et le changement naturel des faits (par exemple les dix plus grandes villes au monde) font qu’un pourcentage très important des connaissances que nous croyons détenir sont fausses. Samuel Arbesman, écrivain dont la spécialité est la Scientometrie, explique clairement ce phénomène dans son livre « The Half-Life of Facts : Why Everything We Know Has an Expiration Date ».  Par exemple des faits largement répandus comme Les dinosaures avaient le sang-froid, une grande partie du DNA ne sert à rien, la saccharine est une cause de cancer, un régime à base de fibre protègee du cancer ou la masse d’une étoile ne peux dépasser 150 fois la masse du soleil, sont des croyances assez répandues mais fausses. L’histoire des publications sur la pilule contraceptive et les contradictions successives de nombreuses études en sont aussi une bonne illustration. Un certain nombre d’autres exemples peut être trouvé ICI  
On retrouve cette obsolescence de la connaissance dans tous les domaines, y compris dans les sciences de l’éducation.  Par exemple le gouvernement britannique a publié en 2014 une liste des connaissances scientifiques que chaque étudiant entre 14 et 16 ans devrait acquérir. Mais même ici il semblerait qu’il y ait de grosses erreurs comme en témoigne l’article suivant. >>>> .

Tout curieux qui s’intéresse aux sciences de l’éducation pourra découvrir par lui-même que le même phénomène existe aussi en France, souvent accentué par l’idéologie la plus largement répandue.
Une étude publiée en 2010 dans le journal Scientometrics démontre que le volume des connaissances scientifiques a cru au taux annuel moyen de 4.7% entre 1907 et 2007 et que le taux annuel n’a pas cessé de progresser. La progression considérable du volume des publications scientifiques rend aussi très difficile le contrôle de la validité de celle-ci. Une des bases de la validité d’une découverte dans les sciences expérimentales est la possibilité de reproduire à l’identique l’expérience. Dans les 845,175 articles publiés en 2009 et enregistrés dans la base de données de PubMed quel est le taux des expériences qui ont été reproduites ?  Une étude publiée en 2010 dans Nature par un groupe de chercheur a démontré que sur 53 « importants résultats » exposés dans des études précliniques sur le cancer, seules 6 d’entre eux avaient pu être reproduites.  Dans la même veine on pourra lire l’article de John Ioannides, professeur à Stanford University « Lies, Damned Lies, and Medical Science ».
Il faut ajouter à cela que comme il l’a été prouvé à de nombreuses reprises, nous avons tous tendance à ne retenir que les faits qui valident nos croyances et oublier systématiquement ceux qui les remettent en cause. Les énormités entendues dans le débat politique en sont une excellente illustration. Même les « experts » n’échappent pas à ce phénomène.

Que faire pour changer ce dangereux état de fait ? La première chose serait de développer une culture de l’humilité et de la curiosité à la fois chez ceux qui publient ou enseignent et chez ceux qui pensent détenir un savoir. L’affaire des « fake knews » ne rend malheureusement pas très optimistes, les processus de lutte contre ce phénomène évoqués par les médias et la manière dont ils seraient mis en œuvre apparaissant au moins aussi dangereux que les fausses nouvelles.  Un deuxième point qui semblerait aussi devoir être changé ce sont les méthodes d’apprentissage : l’apprentissage par cœur ne devrait être utilisé que comme un système de développement de la mémoire et non comme la base de l’acquisition de la connaissance. Par contre devraient être enseignées à tous les méthodes d’acquisition, de test, de recherche, et de mise à jour des connaissances, processus permanent d’une vie. Bien sûr tout cela va à l’encontre de l’éperdue recherche de sécurité de l’immense majorité.

Bibliographie

The Half-Life of Facts: Why Everything We Know Has an Expiration Date par Samuel Arbesman

Scientometrics

Nature; Publication scientifique: Le problème des articles qui doivent être retirés